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Notre regard sur la fonction de maire d’Henin Beaumont.

Tous les élus locaux devraient avoir conscience d’être à un moment important de l’histoire des collectivités locales. Ce n’est malheureusement pas ici le cas et pourtant les chantiers ne manquent pas.

Nous assistons à une révolution des politiques publiques et une véritable mutation dans la société, des attentes sur la transparence des décisions prises mais aussi de leurs motivations.

Les changements sont nombreux, profonds et simultanés : développement du numérique, mondialisation des échanges commerciaux, création de grandes intercommunalités, contraintes budgétaires, réorganisation de l’Etat et de ses champs d’intervention, etc.

Qu’un élu local puisse s’exprimer sur le fait qu’il soit ou non favorable à ces évolutions est légitime, mais nourrir son rapport à la population sur ces seules déclarations est en revanche irresponsable et irrespectueux du mandat reçu, sauf sans doute pour qui désire demeurer dans le registre confortable des constats plus ou moins exacts.

Un maire doit aujourd’hui et plus que jamais être en capacité de rendre des arbitrages, de donner de la cohérence et du sens à l’action qu’il entend mener.
Et il doit aussi considérer ces attentes et transformations comme une source de stimulation, d’inventivité (tout le contraire d’une politique de “flicage” et de censure pratiquées notamment sur les réseaux sociaux).

Un maire doit aussi et plus que jamais œuvré en relation étroite avec l’ensemble des partenaires locaux, départementaux, régionaux et nationaux mobilisables.

Le partenariat doit faire partie de l’ADN du 1er magistrat de la commune : la qualité du partenariat est devenue la condition de l’efficacité d’une politique publique locale.
Force est de constater que nous en sommes à Hénin Beaumont très loin. Les critiques puériles qui récemment nous ont été adressées par la majorité en sont l’illustration parfaite.

Le partenariat est aussi la condition indispensable pour s’adapter à ce contexte si changeant et disposer d’une marge d’appréciation dans les mises en œuvre.

Cette nécessaire ambition requiert un sens de la responsabilité. Elle exige une feuille de route, claire quant aux grandes priorités, avec l’obligation de soumettre celles-ci à évaluation.

Nous sommes à l’opposé des promesses électorales qui prennent la forme d’un inventaire à la Prévert, des politiques de copinage voire de passe droit, des politiques de déresponsabilisation (ou de stigmatisation, ce qui revient au même).

Il faut être conscient que cette approche est exigeante et parfois délicate à vivre sur le plan personnel (voire familial). Cela vaut pour un maire comme pour les adjoints et conseillers.
C'est parce que nous en avons parfaitement conscience que nous avons fait le choix, au sein d’Hénin Beaumont Action, de construire progressivement notre collectif, sur la base d’un principe auquel nous tenons : faire prévaloir les compétences aux appartenances.

Parce que tout bonnement il n’est pas d’autres options pour qui aspire à faire de la politique autrement et d’agir dans le seul sens de l’intérêt général.

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Chaque manifestation organisée par la ville est sujette à une surenchère chiffrée. 10 000 personnes place de la République pour le concert du 15 juillet, 50 000 pour HB la plage. Qui dit mieux ... ?

Nous ne rentrerons pas dans ce jeu puérile consistant à créer la polémique de la sur ou sous estimation. Ce n’est pas pour autant être dupe de la politique de propagande à laquelle ici nous sommes confrontés depuis fort longtemps avec le FN. Le papier est depuis mars 2014 désormais « glacé » mais les ressorts de de la démesure en tout genre n’ont eux absolument pas changé.

Plus ennuyeux en revanche ce que de l’avis de nombreux observateurs est manifestement passé sous silence par cette majorité :
1. les incivilités régulières - bel euphémisme qui ne suffit pas à cacher la diversité des situations vécues par les « vacanciers » comme par les agents en poste ;
2. mais aussi et tout aussi ennuyeux pour le devenir de ce RDV, une lassitude des activités proposées. Un ressenti d’autant plus fort chez les habitués de HB la plage.

Nous ne cracherons pas sur une manifestation sous prétexte que créée sous la mandature d’Eugene Binaisse elle fut reprise par S. Briois.
Mais il n’en demeure pas moins que voila déjà plus de deux ans nous avions déjà émis la nécessité d’un renouvellement du « programme » proposé mais aussi et par conséquent d’un portage intercommunal de cette opération estivale.

Et d’y ajouter que cette ambition d’un renouveau n’a de chance d’aboutir que si l’animation du site repose plus fortement sur un personnel qualifié à qui on fait confiance.

Depuis la 1ère édition, certains titulaires et contractuels municipaux ne sont plus impliqués dans cette tâche (certains par choix personnels il est vrai, mais pas tous).
C’est au regard du constat ci avant regrettable. Et nous serions d’ailleurs fort intéressés de voir la municipalité nous dire ce qu’étaient les critères sur la base desquels les saisonniers furent par ses soins recrutés.

Cette question n’est bien évidemment pas innocente, mais encore une fois, et compte tenu de ce qui est rapporté ci avant, cette question a toute sa pertinence, ne serait ce pour le moins écarter tout soupçon de « pistonage ».

Il serait également grand temps que Steeve Briois tranche enfin la question de la gratuité pour les non héninois et beaumontois. Parce qu’à défaut de pouvoir s’entendre sur les 50 000 bénéficiaires de cette opération financée par les contribuables locaux (et pour un coût très loin d’être négligeable), peut être pourrions nous tomber d’accord sur le pourcentage d’entrées concernant des personnes non domiciliées sur la commune... ?

La majorité municipale nous annonce à grand renfort de photos, via sa page Facebook, les travaux de modernisation des services techniques. C’est-à-dire pour reprendre leurs termes : « réfection de la toiture pour la rendre plus étanche et plus isolante, un lanterneau de désenfumage et trois lignes de vie et des bandeaux qui viendront améliorer la sécurité ». Bonne initiative.

Il est vrai qu’améliorer le confort et la sécurité des agent municipaux travaillant dans les bureaux des services techniques ne peut être que louable. Mais doit-on rappeler qu’il s’agit-là de préfabriqués donc de locaux vétustes et qui étaient censés être temporaires sous la mandature de M. Darchicourt. Un temporaire (pour rappel ce préfabriqué a plus de 15 ans d’existence) qui s’est prolongé sous les mandatures de M. Dalongeville et de M. Binaisse.

Un constat s’impose : durant donc plus de 15 ans aucune solution pérenne n’a été trouvée. Il n’a été fait que du colmatage de brèches, on peut le dire ainsi. Des cloisons ont été installés pour faire différents bureaux, des climatiseurs / chauffage ont été posés dans chaque bureau car l’été il fait étouffant et l’hiver il fait très froid. Les toilettes partagées avec des remontées d’odeurs. Si vous êtes dans un bureau attenant, vous passez une très bonne journée. Sous certaines mandatures, vu le manque de place dans les locaux et vu l’augmentation du personnel, il était nécessaire d’optimiser l’espace en mettant dans un couloir trois bureaux. Il s’agit là du rez-de-chaussée. Pour accéder à l’étage, vous devez prendre des escaliers un peu mouvant, des escaliers de préfabriqués en somme. Les bureaux restant trop exiguës pour le nombre d’agent (rappelons qu’un bureau pour un agent doit-être d’une superficie de 9m2 source : médecine du travail). Alors lorsque l’on parle de modernisation des services techniques, il faut être un peu sérieux. La solution serait pourtant facile si les projets étaient réfléchis en amont et non au coup par coup ou dans l’urgence pour montrer que la ville bouge et que l’on bouge avec la ville ! Move ! En réalité, il n’en est rien. Tout ça c’est du vent, de la poudre aux yeux.

En effet, pourquoi investir dans des travaux sur préfabriqués ? Pourquoi acheter une parcelle commerciale « ex-Lidl » route d’Harnes pour en faire une annexe des services techniques ? Puisque nous y sommes parlons-en des annexes. Pour le service propreté, la ville est divisée par secteurs. Ainsi, nous avons vu fleurir sous la mandature de M . Binaisse des annexes afin d’être au plus près du citoyen. Système toujours en place aujourd’hui. Est-ce bien nécessaire ? Il nous semble que les services techniques devraient au contraire être rassemblés à un même endroit ne serait-ce que pour une bonne coordination de ces services.

Investir dans l’achat d’une friche de 200 000 euros (Source : VDN) pour mettre une partie des services techniques, investir dans la réparation de préfabriqués au lieu de trouver un site qui pourrait rassembler l’ensemble des services techniques nous semblerait plus judicieux au lieu de faire des travaux et des achats inconséquents.

Quant on gère une ville, il faut savoir se projeter et avoir un vrai projet d’avenir et c’est ce que nous vous proposerons dans les prochains mois.