OPourri : "Être corrompu moralement, perverti" (Larousse)

"Quel est le nom du juge pourri ayant libéré ce terroriste ? Assez de l'impunité de ces juges délivrant des permis de tuer et d'égorger !" S. Briois, le 26 juillet 2016

Ce sont là et bien évidemment des propos inacceptables de la part d'un élu de la République, fut il vice président du FN.

Comment, et plus particulièrement en ces périodes douloureuses et d'inquiétudes pour nombre de nos concitoyens, espérer réunir un pays, comment oser demander le respect d'une fonction lorsqu'on dénigre les principes et les institutions sur lesquels reposent pourtant et incontestablement nos valeurs républicaines et nos idéaux démocratiques ?!

Pourri !

Les deniers du contribuable n'ont aucun doute de ce qu'il adviendrait de quiconque s'en irait dans l'exercice ou non de votre action de maire vous traiter de pourri.

Ce n'est certainement pas s'interdire le droit d'examiner le bien fondé de procédures et de décisions judiciaires à l'épreuve des faits que d'exiger de la part d'un maire une posture plus respectueuse à l'égard d'un représentant de la Justice.

Parce qu'en l'état, vouloir réduire de tels actes d'horreur à l'erreur d'un juge (peut on croire que ce dernier ait pu délibérément agir avec légèreté ?), c'est faire fi de bien d'autres facteurs pourtant indispensables pour comprendre la genèse de tels faits ignobles, et en aucune façon excuser leurs auteurs.

L'indignation légitime des français et la douleur des familles méritent bien plus que les insultes gratuites de politiques qui n'apportent à coup certain strictement rien à la lutte contre le terrorisme.

Nous ne sommes aucunement surpris par votre dernière réaction, monsieur Briois. Elle s'inscrit pleinement dans la continuité de celles que vous avez eues à l'encontre de la VDN, de certaines associations, et de l'opposition dans toute sa diversité : déplacées, disproportionnées, inopportunes, grossières mais aussi et surtout œuvrant au pourrissement de situations, à l'opposé de ce dont Hénin Beaumont et ses habitants ont eux aussi tant besoin.


N'y aurait il donc plus que l'Extreme Droite et ses excroissances pour espérer une contribution de Daesh à ses rêves les plus secrets ?

En oublie t-elle que sa surenchère idéologique, sa démagogie la plus honteuse et son verbiage haineux ne résisteront pas tout bonnement à l'épreuve des faits.

Les victimes de tant d'atrocités ne peuvent en effet être cataloguées comme les représentants d'une quelconque et seule communauté. S'eut été sans doute pour elle bien pratique, mais il n'en est strictement rien.

Car s'il est un point commun entre ces victimes, c'est bien celui et tout bonnement d'être toutes innocentes !

Daesh a déjà perdu son combat dont l'idéologie fascisante et financière ne fait aucun doute, et ce même si d'autres actes criminels sont malheureusement à prévoir.

Cette défaite, sera aussi celle de l'Extreme Droite française qui ne l'acceptant pas replonge aussi rapidement que bêtement dans ses réflexes archaïques , ceux la même dont elle prétendait pourtant la main sur le cœur s'être débarrassée.

Reste que ces perspectives demeurent toutefois insuffisantes pour ne point s'attaquer aux enjeux qui se posent plus que jamais et notamment à la société française et à l'Europe dans son ensemble.

Il est plus que temps de reconsidérer ce que peuvent être les priorités sociales, économiques ainsi que tout ce qu'elles peuvent recouvrir.

Pour ce qui nous concerne, conscients de ce que nous serions en mesure d'apporter si nous avions à administrer Hénin Beaumont et de ce que nous nous refuserions en revanche de promettre faute de ne pouvoir tenir, il est évident que l'éducation, l'engagement citoyen, le faire et vivre ensemble seraient au centres de nos principales préoccupations.

Il est trop facile de se satisfaire de festivités, de flonflons, de "bonnes" phrases, de se donner le droit de critiquer constamment le "Système" dans lequel pourtant on se complaît pour ainsi ne se reconnaître aucune obligation ne serait ce qu'une obligation de moyens !

En ce jour, quelques heures à peine après cette funeste soirée du 14 juillet niçois, n'eut il pas été souhaitable monsieur Briois de reporter la tenue du conseil municipal ?

Qui pour croire que les bénéficiaires des points inscrits à l'ordre du jour - et notamment celui controversé de la protection fonctionnelle des élus demandée - n'eurent pu le comprendre, le supporter ?

Vous qui êtes si prompt pour programmer ses séances à des horaires et jours ubuesques, y compris pour des élus ayant à cœur d'assumer la charge qui est la leur, ne vous eut il pas été possible d'en planifier un nouveau, à l'issue de cette période de deuil national décrété ?

Voilà bien longtemps que nous avons décidé de ne plus participer à ces séances mascarades, persuadés que que le devenir de notre ville et de ses habitants se construit ailleurs.

Et ce ne sont pas les comptes rendus qui en sont fait qui nous amèneront à reconsidérer notre position.

Que pour autant il est de notre responsabilité de dénoncer chacun des rires, chacune des provocations entendus lors de cette matinée qui ont été rapportés.
Les uns et les unes sont empruntes d'un irrespect total à l'égard des trop nombreuses victimes, françaises ou non, des attentats.
Show must go on ?

Vous aviez ce matin, monsieur Briois, une "occasion" de prendre de la hauteur, et pour le moins le temps d'un recueillement collectif et sincère, de faire passer au 1er plan, bien au delà de tout ce qui nous oppose et continuera de nous opposer, l'essentiel, celui qui en de pareilles circonstances aurait dû s'imposer à tous.

Le report de ce conseil municipal du jour n'eut pas été souhaitable monsieur Briois, il eut été indispensable.

Il est regrettable monsieur Briois que vous n'ayez pas su, semble t'il et comme d'autres il est vrai, en mesurer l'importance.

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La tentation fut bien évidemment grande et présente : celle de polémiquer sur la venue de Jean Luc Lahaye à Hénin Beaumont en pointant du doigt l'historique non pas du chanteur mais les "relations" de l'homme avec la justice.

Parce qu'au delà de ces dernières, c'est un nouvel élément à verser au dossier du double discours made in FN.

Tout du moins Steeve Briois devrait il éprouver quelques sérieuses difficultés à convaincre désormais de la portée de son slogan "tolérance 0%", sauf à le voir considérer la corruption de mineure comme un fait sans importance.

Notre questionnement suite à l'annonce de la venue de Jean Luc Lahaye se veut différent et semble pouvoir se résumer ainsi : les héninois ne méritent ils pas d'autres artistes ?

Voilà plusieurs années que notre ville a repris goût pour les concerts de plein air et c'est en soit une très bonne chose.

Nous ne sommes pas bien évidemment pas hostile à la variété française et aux chansons populaires.
Mais nous aspirons en revanche à plus de diversité dans le choix des prestations proposées et financées, faut il le rappeler avec l'argent du contribuable.

Force est de constater que non seulement nous en sommes bien loin, mais qu'en plus notre ville dont on nous serine pourtant qu'elle ne cesse d'avancer, s'apparente de plus en plus comme un haut lieu culturel de people issus d'un temps que les moins de 20 ans, pour le moins, ne peuvent pas connaître...

Il est pourtant de très nombreux artistes FRANÇAIS ou étrangers que les héninois pourraient tout autant si ce n'est davantage avoir plaisir à écouter que ceux que le maire leur propose.

Le choix opéré par Steeve Briois semble manifestement tout autre : faire dans l'événementiel coûte que coûte, pour lui développer sa politique de communication et d'auto promotion. Les affiches nous apparaissent significatives de ce manque d'ambition culturelle et prennent parfois l'allure d'un cache misère de ce que l'on aimerait vous présenter comme le produit de l'année si ce n'est pas le RDV du siècle.

Ceci a bien évidemment un coût, un double coût même : un coût financier, important, indiscutablement, et celui d'une qualité, fort discutable, des prestations servies.

Mais peu importe... Le selfie devrait être beau, pris peut être entrain de se déhancher sur scène ou en fredonnant "femmes que j'aime" sur une moto ... et dans tous les cas exposé on en prend le pari dans une des pages du prochain magazine municipal...