Ce dimanche soir, à Hénin Beaumont, combien étaient ils ?

Combien étaient ils dans le rang des électeurs FN dont le vote, a défaut de marquer un choix d'adhésion idéologique aux discours de Marine Le Pen, portait l'expression d'une colère et d'inquiétudes.
Ce n'est pas tant le vote de ces personnes qui est immoral, mais la quasi totalité des propositions faites par les représentants d'un parti qui manifestement sait fort bien tirer profit d'un système qu'ils prétendent pourtant et par ailleurs non seulement dénoncer mais aussi déstabiliser.

En stigmatisant les médias et en "fantasmant" autour de je ne sais quels complots anti truc bidule chouette, le FN n'insulte t-il pas, lui, le peuple français qui dans sa composante majoritaire a su se mobiliser pour faire passer un double message, l'un d'alerte à l'attention des partis républicains, l'autre de défiance à l'intention de Marine Le Pen et de ses proches ?

Combien étaient-ils en effet parmi les abstentionnistes à considérer leur choix de ne pas se déplacer comme une expression politique ? Celle d'un refus d'opter entre l'une des 2 alternatives proposées en Nord-Pas-De-Calais.
Ces anciens moutons blancs qu'il était de bon ton de pointer du doigt autrefois et qui aujourd'hui semblent ne devoir leur salut qu'à l'obligation de prioriser parmi les coupables ceux qu'il convient de livrer à la vindicte populaire : les néo électeurs du FN.

Combien étaient-ils encore parmi les sympathisants et les militants d'une Gauche éclatée voir d'un centre tiraillé qui s'en sont allés glisser dans l'urne "Bertrand", mais aussi un bulletin blanc voire parfois un bleu ?

À tous nous leur disons que nous n'avons nous aucune, strictement aucune solution miracle. Ces solutions là, nous les laissons aux diseuses et diseurs de bonne aventure dont c'est devenu le gagne pain.

Ce à quoi nous cherchons d'oeuvrer est certes beaucoup plus modeste, mais oh combien plus réaliste et pragmatique : un projet plus qu'un programme qui se construit et se poursuivra à l'aulne des rencontres que nous faisons et provoquerons.
Que notre projet n'a nul besoin pour se nourrir de distiller la haine et la peur.

La plus grande victoire de la majorité est d'avoir su créer ici une ligne de démarcation permettant de distinguer les pro des anti et de jeter les seconds dans un même sac.
Mais sauf à vouloir considérer les électeurs comme des choux et des navets, ou bien encore des boeufs et des cloportes, ça n'a aucun sens.
Aucun !

Et de penser que cette dichotomie (même si les qualificatifs utilisés sont alors plus courtois) représente aussi chez d'autres le prisme par le biais duquel les héninois et beaumontois sont à considérer, voilà qui en dit long de l'immense travail auquel nous devons nous livrer.

Hénin Beaumont Action n'est pas comme nous pouvons très rarement l'entendre un collectif anti partis politiques. Il en dénonce en revanche lorsqu'elles existent - et ce n'est pas faire injure que de le reconnaître aujourd'hui - leurs limites voire lorsque c'est utile les dérives de leurs représentants.

Il n'est nulle nécessité de tendre l'oreille pour entendre déjà chuchoter ceux qui pourront être amenés à nous accuser de vouloir faire dans la récupération.

Mais qu'ils n'hésitent pas à le crier parce qu'ils auront (pour une fois ?) entièrement raison.

Parce qu'au sein même de notre région il est des territoires de plus en plus nombreux parmi lesquels notre ville d'Hénin Beaumont où il nous faut tenter de récupérer ce que ces 20 dernières années de vie politique locale nous ont pris : un grand bout de solidarité, le droit de penser différemment, le devoir d'agir autrement.

Nous ne croyons plus guère à la mise sur pied ici d'un véritable collectif guidé par l'action commune, coordonnée, structurée sur la base de moyens humains et financiers mutualisés.

Dés lors, nous ne pourrions avoir d'autres choix que de nous retirer ou bien au contraire de tout faire pour ne plus nous et vous en laisser "conter".

C'est à cette question qu'il vous faudra répondre dans les prochains mois et c'est d'ores et déjà que nous vous y invitons, notamment en rejoignant Hénin Beaumont Action.

Cher Franck

Ce qui va suivre, il m'eut été facile de te le dire directement, mais j'imagine qu'il ait peut être d'autres héninois qui légitimement partagent tes interrogations.

J'opte donc, avec ton autorisation, pour l'écrit.

Hénin Beaumont peut pour certains manquer de leader. J'observe pour ma part que notre ville ne manque pas en revanche de prétendants.

Nous n'aurions toi et moi notamment aucune difficulté à les citer.

Nous estimons nous au sein d'Hénin Beaumont Action que l'acceptation d'une primaire au moment opportun permettrait de satisfaire démocratiquement les aspiration de ceux-ci.

Tu ajoutes qu'il nous (je suppose que le "nous" s'adresse à HBA ?) faudrait aussi une liste pour mener la barque.
Je dois bien t'avouer que notre priorité est ailleurs et vise surtout et d'ores et déjà à construire une équipe, sur la base de principes, objectifs et de valeurs partagés.

Parce que très honnêtement, si nous devions en 2020 nous présenter "seul", permets moi d'avoir l'outrecuidance de penser que nous n'aurions aucune difficulté à déposer une liste.

J'ai en la matière pu vivre quelques expériences qui me font dire que le plus dur est surtout d'écarter plus que d'intégrer, et qu'il en serait ainsi aussi si l'union des composantes politiques dont nous parlons venait à prendre corps.

Tu évoques en outre le silence, je te cite "de certains qui ont pourtant été acteurs dans plusieurs élections et même présents sur les listes."
Je n'en suis, tu en conviendras, nullement responsable.
Hénin Beaumont Action s'est exprimé à plusieurs reprises sur ce sujet, en précisant très vite que l'éclatement des forces de gauche - à l'opposé de ce que nous préconisons sur ce territoire minier - promettait un échec retentissant. Nous serions nous tromper ?

Cela nous vaut depuis - et très sincèrement nous n'en avons que faire - un sourire pour le moins crispé d'un des membres de l'opposition municipale.

Il y a dans le parcours citoyen engagé qui est le mien un fil directeur duquel je ne me suis jamais éloigné.
De l'Alliance Républicaine à la liste emmenée par Eugène Binaisse et en passant par le Nouvel Elan, mon choix s'est toujours porté en faveur de l'union des forces et de l'intérêt à faire prévaloir les compétences aux appartenances.

Force est d'observer qu'à travers ces 3 périodes, une autre logique, politicienne, a toujours prévalu. Ce sont notamment ces logiques qui ont conduit à l'implosion de l'AR, du Nouvel Elan et aux difficultés de la majorité d'Eugène Binaisse.
Ce n'est nullement pour moi un lot de consolation, mais il est permis d'observer que mes propos d'alors, pour chacune de ces 3 périodes, se sont avérés fondés avec le résultat que nous connaissons depuis mars 2014.

Tu désires me faire part d'une divergence d'opinion avec Yannick.

Sans trop savoir à quelle situation tu fais référence, je ne serai pas cependant surpris que cette divergence porte sur la méthode plus que sur le fond.

Notre démarche dérange, je ne l'ignore pas. Tout bonnement parce qu'elle suppose une autre approche, un autre regard sur ce que peut être, doit être la politique.
Elle est exigeante, parce qu'elle oblige à des remises en cause.

A entendre Martine AUBRY déclarer récemment “Sarkozy a tué la République et nous, on a tué la politique”, je n'ai pas l'impression de nous sentir désavoués.
A lire ou entendre les réactions d'observateurs et de citoyens non plus.

Oui, nous avons la prétention de penser que sur la méthode et la stratégie nous avons raison, où qu'à défaut celles qui jusqu'à présent par d'autres ont été préconisées ont conduit et continueront de conduire à l'échec.

J'ajoute que si cette divergence portait toutefois sur le fond, elle n'en demeurerait pas moins respectable.
Parce qu'aujourd'hui, Franck, ce qu'il manque à Hénin Beaumont, comme dans bien d'autres villes françaises, c'est la confrontation des idées. Celle-ci se situe à l'opposée de la "consanguinité politique" dont la seule finalité est l'appauvrissement du débat et le désintérêt d'un nombre croissant des électeurs pour la chose publique.

Nous devons tous avoir le courage de nous confronter non pas dans l'objectif de "s'entretuer" mais bien dans le but de construire : la complémentarité plutôt que l'adversité puérile.
Observe aussi comme les désaccords de fond au FN leur sont préjudiciables ... Certains s'en vont affubler tous leurs électeurs de qualificatifs peu sympathiques.
Nous préférons nous chercher les raisons qui ont poussé nombre d'entre eux à faire le choix récemment, malgré les évidentes incohérences et les mensonges flagrants des frontistes, de Marine Le Pen ou de Steeve Briois.
Et nous pensons qu'une partie de la réponse pourrait aussi expliquer la motivation de nombre d'abstentionnistes.

Quant à ta dernière question sur le "qui sommes nous ?",
Je t'invite à nous (re)lire et tu auras j'en suis certain ta réponse. Je ne doute pas qu'elle puisse te convenir.
Dans le cas contraire, je t'invite à prendre l'attache des associations dont la relation à la majorité frontiste a déjà fait couler beaucoup trop d'encre.

Bien à toi

Patrick

Le commentaire de M. Franck SMAGGHE
A la lecture de ton article, je constate une ressemblance avec Un Nouvel Elan Pour Hénin-Beaumont, enfin ce qu'aurait dû être celle-ci à sa création. Mais pour mener la barque, il faudra un leader et pour pouvoir se présenter aux prochaines élections une liste. Lors des dernières élections, j'ai constaté le silence de certains qui ont pourtant été acteurs dans plusieurs élections et même présents sur les listes. Ce silence pour ma part, j'ai dû mal à le comprendre, car pendant que certains comme moi se mouillent en militant dans les différentes campagnes et parfois en disant tout haut des choses qui ne plaisent pas à tout le monde, d'autres depuis les dernières municipales se taisent. Est ce pour se préserver des inimitiés ? Et pouvoir rebondir au moment venu ? C'est pour cela que depuis le début, je te pose cette question, qui fait partie d'Hénin-Beaumont action? Un seul s'est présenté récemment et nous avons déjà eu quelques divergences d'opinion sur des commentaires.

On aurait tendance à l'oublier, mais à l'issue de ce 13 décembre, la réforme territoriale consacrera 13 nouvelles régions dans un environnement international où l'ambition pour ces régions sera de pouvoir rivaliser avec leurs homologues du vieux continent.

En termes de PIB, le Nord-Pas-De-calais Picardie avec 153 milliards d'Euro se situe au 15ème rang des régions européennes (et au 4ème des régions françaises).

D'autres indicateurs (taux de croissance, de chômage, etc.) ne sont pas non plus sans rappeler qu'il est aussi des repères que les acteurs politiques ne peuvent ignorer, d'une part, et qu'en sus d'une obligation de résultats, il est aussi une obligation de moyens à laquelle des électeurs semblent de plus en plus attachés, d'autre part.

"Et si la gauche était partie unie" s'interroge aujourd'hui DailyNord ?
Les "si" à posteriori sont bien souvent inutiles surtout lorsque le constat à partir duquel ils s'expriment refait régulièrement surface.

A Hénin Beaumont, sans doute plus qu'ailleurs, nous ne savions pourtant que trop bien ce à quoi conduit un départ en ordre dispersé : une seule étape et à la trappe... beau slogan dont on finit par se lasser puis s'agacer.

Au delà des sensibilités politiques auxquelles chacun dit ou non se référer, des ambitions personnelles dissimulées ou au contraire pleinement assumées, la stratégie développée par les représentants des appareils politiques lors de ces élections régionales peut être aussi significative d'une différence notable dans la façon d'appréhender la relation entre les différents échelons territoriaux et sa relation aux électeurs.

Contribuer à la dispersion des candidatures dans l'espoir d'une négociation plus avantageuse le soir d'un 1er tour ou en perspectives de présidentielles était une grossière erreur.

Que chaque parti ait le droit de faire valoir la spécificité de son projet est une chose. Avoir l'opportunité de le mettre en oeuvre dans son intégralité en est une autre et relève de l'utopie ou du mensonge. Ce n'est pas être ni médisant ni méprisant que d'énoncer ce point de vue.
Qu'il était en outre un espace de concertation ouvert qu' EELV avait tout loisir d'investir. Il n'est nul besoin d'être éclairé pour comprendre que les motifs alors avancés pour s'y refuser, face à l'historique politique du Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais, n'étaient guère crédibles. Où sont en effet les exemples de discordances fâcheuses et de ruptures au sein de ce que fut cet exécutif depuis 1974 ?

Cet historique put être un atout à faire valoir ! Il restera probablement dans la tête des électeurs comme la preuve manifeste d'une discorde sérieuse. Quel gâchis ! Quelle bêtise !

Cette approche "indépendantiste" des régionales témoigne par ailleurs d'une analyse pour le moins particulière de la population "nordiste".
Qu'il soit absurde de la penser homogène, soit ; mais en ignorer ses principales caractéristiques l'est tout autant.
Imaginer qu'il eut été possible de satisfaire aux besoins de ces populations uniquement sur le registre de propositions "descendantes", voila qui relève pour le mieux de l'utopie.

Cette approche indépendantiste est aussi (et dans une certaine mesure) la résultante de ce qu'il est possible d'observer ici depuis trop longtemps : l'abandon du terrain à l'Extrême Droite. Comme si il ne pouvait, que dis je, il ne devait exister de vie politique en dehors des hémicycles et des RDV électoraux (je le confirme, sortir du conseil municipal héninois obligera ses représentants à revenir à des fondamentaux indispensables).
Force est pourtant de constater que cette vie là existe mais qu'elle se réduit à l'action désintéressée de nombre d'associations. Ce sont ses dirigeants les véritables acteurs politiques.

Le FN lui aussi ne manquera pas très rapidement de devenir plus fortement qu'il ne l'est déjà aujourd'hui un parti de notables. Alors, sachons en profiter ; faute de quoi il nous faudra se soumettre à la toute puissante "Communication" de ses leaders.

La nuit des longs couteaux qui s'annonce pourrait être longue et pénible. Je n'y participerai pas mais ne m'interdirai pas non plus de pointer celles ou ceux qui pour ne rien remettre en question, abuseront des vieux réflexes politiciens dont ils ont hérités et dans lesquels il se sont "formolisés".

Et s'il en est pour souhaiter cette nuit la plus courte possible, dans l'intérêt notamment des héninois et beaumontois, alors, qu'ils oeuvrent au renouveau des pratiques et invitent tout comme nous au mea culpa sincère et constructif de celles et de ceux qui malgré ce triste 6 décembre ne semblent pas s'en montrer encore capables.

“Sarkozy a tué la République et nous, on a tué la politique” vient de déclarer Martine Aubry.
Voilà plus de 8 ans qu'il m'eut été possible de lui donner sur ce point raison.

Nous n'avons pas le pouvoir de réécrire l'histoire mais nous avons le devoir d'en tirer les leçons.

Tirer les enseignements de ce 1er tour des régionales 2015 pour le devenir d'Hénin Beaumont ?

L'idée n'est plus acceptable parce qu'il n'était nul besoin d'attendre cet énième RDV électoral pour saisir les évidences qui ici prévalent depuis nombre d'années et bien avant mars 2014.

Ce ne sont donc pas des enseignements qu'il convient de tirer des 59,54% de Marine Le Pen de ce 6 décembre mais des leçons et des conclusions qui désormais ne peuvent plus attendre pour être traduites en action.

S'il s'en trouve encore pour penser qu'il est préférable d'attendre le second tour pour affiner leur analyse et leur positionnement, nous leur rappellerons aisément qu'en termes d'enjeux il n'en est plus qu'un : comment faire pour que l'avenir socio-économique, de nos transports, de nos lycées, de notre environnement, de la culture, du sport, etc. ne dépendent pas ici comme demain dans la région Nord-Pas-De-Calais Picardie du choix de 2 électeurs sur 10.

Le temps n'est pas à la tristesse (ni à la joie, bien évidemment) pour les membres de Hénin Beaumont Action.
Il aurait pu être en revanche celui de la colère légitime et désignant très précisément et nominativement les responsabilités.

Nous ne nous sommes que très rarement exprimés pour évoquer les travers de cette campagne et force est de constater pourtant que lorsque nous l'avons fait, nos observations ont été perçues à l'opposé de ce à quoi elles auraient pu servir.
Nous nous sommes tus sur le comportement que nous jugions inadapté de plusieurs des acteurs politiques locaux, engoncés déjà, malgré leur peu d'expérience, dans une logique d'appareil, à mille lieux de la quotidienneté et/ou de l'engagement de citoyens voire parfois de sympathisants désireux de les éclairer.

Nous n'avons pour ce qui nous concerne qu'une seule priorité et nous la confirmons : Hénin Beaumont. Quelle cohérence y aurait-il chez qui afficherait par exemple son hostilité au cumul des mandats et qui dans le même temps s'en irait présenter sa candidature à chacune des élections ?
Cette priorité, rien ne pourra l'effacer, pas même les présidentielles de 2017.

"Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent." (Lucie AUBRAC)
Et pour nous d'ajouter que le verbe résister doit aussi - désormais, enfin et véritablement - se conjuguer au pluriel.

C'est ce message que depuis 8 années je me suis efforcé de relayer.
Il est deux courriers adressés autrefois à Martine Aubry puis à François Hollande qui peuvent pour le moins en attester.

8 années où pour ne point en hypothéquer la portée, il m'est arrivé (ainsi que d'autres) de m'effacer, malgré la certitude d'une défaite annoncée et expliquée.
Il est notamment deux anciens 1er magistrat qui pourraient, s'ils le désirent, en témoigner.
C'est pourquoi je ne peux que saluer la décision prise par Pierre de Saintignon de se retirer du second tour. Parce qu'en politique, avoir des convictions ne sert à rien lorsqu'on a pas le sens de l'honneur. Je salue ce retrait, non seulement parce qu'il offre ainsi à tous les habitants de la région le loisir de convenir ou non de l'intérêt à faire barrage à la victoire de Marine Le Pen.
Mais aussi parce qu'il obligera - on peut pour le moins l'espérer - les responsables politiques du minier à repenser enfin leur approche de la politique locale. S'ils s'y refusent, qu'ils sachent qu'ils seront promis à une très longue hibernation.

Vouloir expliquer l'ascension du FN à partir de la seule situation héninoise serait sans doute une grossière erreur. Mais comment ne pourrions nous pas reconnaître qu'elle y fut pour beaucoup.
A part peux être les imbéciles qui estiment que la venue de Marine Le Pen trouve sa raison dans son désir de ne faire ses courses qu'au marché du vendredi matin pour y embrasser les badauds ?

S'il est un impératif, c'est bel et bien celui d'investir sur notre ville.

Investir avec pour principe ceux qu'Hénin Beaumont Action revendique depuis toujours :

- une action coordonnée, la seule capable de répondre à cette double obligation des ressources humaines et financières, la seule capable de lutter à armes égales avec un FN.

- une action dont le moteur ne peut être que citoyen. Celà n'interdit nullement à ceux qui y contribuent de conserver leur "statut" de membre ou de dirigeant d'un parti politique. Mais la citoyenneté, dans ce que nous préconisons ne peut plus être qu'un alibi ou un logo coincé en bas d'une affiche. La citoyenneté doit être ici au coeur de ce à quoi nous voulons contribuer.
Ici, et de nouveau nous le répétons, c'est Hénin Beaumont qui doit primer, et non la défense des appareils ou bien encore la défense d'ambitions personnelles.
Et à ceux qui s'interrogent sur celles des membres d'Hénin Beaumont Action, il nous est aisé de répondre qu'à la question du qui pour représenter devant les électeurs en 2020 cette action citoyenne, il est facile et possible de convenir d'ores et déjà du recours à une modalité type "primaire" ; Et qu'aujourd'hui, ce n'est pas tant cette question qui se doit de prévaloir, mais celle de qui pour conduire le combat ? Nous nous connaissons tous suffisamment pour savoir quels noms d'ores et déjà il serait possible d'aligner pour l'initier.

- une action enfin porteur d'un projet politique véritable, permettant non seulement de satisfaire le plus grand nombre des habitants mais aussi de témoigner des insuffisances diverses et avérées de la majorité.
Pour s'en convaincre, chacun peut juger des réactions totalement disproportionnées d'une majorité municipale lorsqu'elle fait l'objet d'une mise en porte à faux même désordonnée.
Proposer et combattre, ce sont là deux faces d'une même médaille.

Aux héninois(e)s et beaumontois(e)s, pour qui faire de la politique se doit d'être avant tout guidé par le seul sens de l'intérêt commun, à toutes celles et tous ceux pour qui l'idée d'une main mise du FN sur notre territoire (municipales, départementales et dimanche prochain peut être régionales) n'est pas supportable,
nous leur donnons RDV pour nous soutenir dans notre action et contribuer au renouveau auquel soyez en convaincus nous sommes très nombreux à aspirer.

Patrick PIRET

L'initiative de la VDN aura pour le moins suscité de nombreuses réactions parmi les cadres et les sympathisants frontistes, au 1er rang desquelles celle visant à créer l'amalgame entre la liberté de la presse et l'exigence d'une neutralité.

L'accusation est fantoche : la liberté de la presse n'a de sens en effet que si on l'autorise de faire valoir, lorsqu'ils existent des désaccords, voire une opinion divergente.
Qu'il s'en trouve pour penser que cette liberté se résume à un droit de retranscrire la bonne parole du chef en dit long sur leur rapport du parti à la presse, mais aussi sur les relations de ce dernier à toute forme d'opposition.
Nous sommes ici bien placés pour savoir ce à quoi et jusqu'où est prêt à aller le FN pour faire taire toute forme de dissidence (interne comme externe).

Cet amalgame facile mais d'une pauvreté sans nom, présente il est vrai l'avantage de ne point avoir à répondre sur le fond aux critiques formulées.

Nous n'en sommes pas surpris pour tout dire puisque jamais au grand jamais Steeve Briois n'a souhaité non seulement répondre aux questions légitimes que nous lui avons adressées (et dont pour certaines, pourtant, nous ne fumes que le porte voix d'héninois et de beaumontois) mais aussi aux propositions de débat qu'en d'autres temps je lui avais moi même soumises.

J'observe avec amusement comme il en va - et notamment en période d'élection - du ressenti des uns et des autres pour la VDN : trop à droite, acquise à la gauche, ou bien encore à faire le jeu du FN, il y en a pour tous les goûts.

Pour notre part, nous aimerions y figurer certes plus souvent, non par souci de flatter nos ego mais tout bonnement parce que nous sommes convaincus de la pertinence et de la nécessité de ce que nous entreprenons, parce que nous avons l'ambition d'incarner le renouveau des pratiques politique désiré par la population et parce que nous avons nous aussi dénoncé et depuis fort longtemps nombres de faits évoqués dans les articles parus ces deux derniers jours.

Ceci étant, il est juste aussi de reconnaître qu'il nous est arrivé de faire parfois l'objet d'articles tantôt sympathiques, parfois un peu moins. Et alors ?
C'est le jeu ma pauvre Lucette, serions nous tenter de répondre.

Quant à la défense de Marine Le Pen, elle n'est tout bonnement pas tenable.
Parce que là aussi, nous ne savons que trop bien qu'en matière de communication, il est pour le moins des détournements moralement bien plus condamnables que l'initiative de la Presse Quotidienne Régionale, en l'occurrence, ceux des outils de communication utilisés par la majorité frontiste : des outils de la démagogie, de l'auto promotion permanente et de ce qui pour nous relève de la désinformation, des outils financés - contrairement aux publications de la VDN - avec l'argent du contribuable.
Chacun aura tout loisir d'établir sur ce point en particulier un constat sur l'évolution du nombre de tracts estampillés FN distribués avant et après mars 2014. Un constat pour nous sans aucune équivoque !

Bref, Marine Le Pen et Steeve Briois devront bien s'y faire : il est à Hénin Beaumont comme dans cette région des gens qui bien que fortement déçus par les partis traditionnels, et malgré les stratégies de dédiabolisation, ne les aiment tout bonnement pas, et pour le moins, ne peuvent adhérer aux stigmatisations et solutions miracles véhiculées par le FN.

Qu'il en est parmi ces derniers quelques uns bien décidés à poursuivre l'occupation du terrain, ne serait-ce que pour entendre ce que la population a à dire, et ce sans avoir à passer par les fourches caudines d'une communication frontiste qui se voudrait omnisciente, et qui s'offusque à la moindre petite contrariété.
Fin de la conversation