Dans une région où semble t-il la messe serait donnée, Marine Le Pen mène campagne en se contentant de développer ses sempiternels discours sur l'immigration. Le reste, et pour peu qu'elle ne quitte ou boude les plateaux médias ne semble guère l'inspirer : économie, transport, culture, sport, etc. devront sans doute patienter pour en savoir, sait-on jamais, un peu plus.

C'est donc vers la région PACA qu'il convient de se tourner pour tenter de comprendre ce qui pourrait se cacher et se préparer, si demain le Nord-Pas-de-Calais Picardie puis la France tombaient dans l'escarcelle FN.

Les dernières sorties de Marion Maréchal Le Pen sont en effet doublement significatives de ce à quoi se dit prêt ce parti mais aussi de ce pourquoi il importe de prêter attention aux déclarations des élus frontistes locaux.

Ainsi, lorsque la benjamine des Le Pen s'en va déclarer "Il y a vraisemblablement beaucoup de ménage à faire de ce point de vue-là, puisqu’il y a énormément d’associations politisées qui sont subventionnées, les copains politiques, mais aussi des subventions qui moi personnellement me choquent, en période de crise, particulièrement dans une région qui a un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale.", il nous est difficile de ne pas penser au traitement dont des associations héninoises telles que la LDH, le Souvenir Français et Anim'Acteurs ont fait l'objet.

Et de nous interroger toutefois si la justification "politique", aussi inacceptable soit elle, n'est pas pour le FN qu'un alibi lui permettant d'investir tout en étant masqué un autre terrain : celui de la remise en cause de la prise en charge des populations en situation de fragilité ?
Ainsi lorsque Marion Marechal Le Pen, à la question "Vous supprimeriez la subvention accordée au planning familial ?" s'en va répondre "Oui, absolument. Absolument parce que je considère que ce sont aujourd'hui des associations politisées, on le sait bien.", il devient difficile de ne pas faire le rapprochement avec les motivations qui à Hénin Beaumont ont prévalu pour la majorité s'en aller se justifier de la non possibilité offerte au Secours Populaire de participer au marché de Noël.
Comment cet argumentaire politique peut-il tenir ? Comment pourraient-ils ignorer que les bénéficiaires du planning familial comme ceux du Secours Populaire ne sont en aucune façon des privilégiés ? Ces mêmes "bénéficiaires" seraient-ils donc devenus des cibles de l'action politique du FN, les victimes directes ou indirectes d'un mode de pensée qui viendrait à exiger de la société française qu'elle se plie à la vision d'un catholicisme intégral ?
En considérant la laïcité comme un outil utile "contre la propagation (…) des revendications de certains musulmans", mais qui ne peut s'en prendre à ce qui soit disant serait les racines chrétiennes de notre pays, Marion Maréchal Le Pen considère t-elle que les catholiques sont au-dessus de tout, y compris de notre République ? (http://www.challenges.fr/politique/20151123.CHA1879/musulmans-et-laicite-le-troublant-integrisme-de-marion-marechal-le-pen.html) ?
Faut-il voir un lien avec les propos prêtés par Florence Aubenas à l'adjoint à la culture héninoise, aux lendemains des derniers attentats parisiens et rapportés dans l'article « C’est comme si des bombes avaient explosé dans nos têtes » publié ce 17 novembre dans le Monde.
Article dans lequel on peut y lire que Christopher Szczurek, adjoint à la culture (FN), explique : « Jusque-là, on se disait : ce sont des journalistes ou des juifs qui sont visés. On relativisait. Il y avait une explication, même si on n’était pas d’accord. »
Pendant ce temps, Steeve Briois, à l'instar de sa patronne, semble se murer dans un silence, dont les héninois et beaumontois feraient bien de se demander s'il s'inscrit dans la droite ligne d'un "qui ne dit mot consent" ou au contraire, s'il est le symbole d'une ligne de fracture idéologique au sein du parti dont l'onde de choc aurait d'ores et déjà gagné les rangs de la majorité.
Quoi qu'il en soit, le temps "d'un Front National des villes et d'un Front National des champs" (pour reprendre le titre de l'ouvrage d'Octave NITKOWSKI) mériterait sans doute aujourd'hui d'être interrogée.
En janvier dernier, Marine Le Pen pour condamner les attentats contre Charlie Hebdo s'exprimait notamment par un « Leur objectif est de paralyser par la peur pour soumettre ou censurer. La peur est là ».
Aujourd'hui, nous sommes plusieurs milliers de français à pouvoir lui retourner ses propos.
Patrick PIRET

On a tout eu depuis ce funeste 13 novembre...
- Les identitaires qui viennent clamer leur haine lors des rassemblements de recueillement à travers la France. Un peu comme l'oncle alcoolique qui vient faire un scandale à l'enterrement de mamie...
- Sarko et les Républicains venant se plaindre du manque de moyens des forces de l'ordre et des renseignements alors qu'ils sont les premiers à avoir baisser les effectifs. Un peu comme le cousin qui vient vous faire la morale alors qu'il sort de prison...
- Marine Le Pen qui quitte la matinale de France Inter après avoir été prise en flagrant délit de manipulation. Un peu comme la fille colérique qui n'admet pas d'avoir tort...
- Marion Maréchal Le Pen qui vient nous expliquer que les musulmans ne peuvent pas être nos égaux dans la République. Un peu comme la petite fille gâtée qui, sans vergogne, nous explique qu'il n'y a des dérives sectaires et dogmatiques que dans l'Islam...
- Jean François Coppé qui souhaite que les budgets destinés aux aides sociales soient baissées au profit de ceux de la Défense, de l'Intérieur et de la Justice. Un peu comme le frangin qui fraude le fisc et qui nous explique que les pauvres sont les seuls qui détournent du pognon...
- Johnny Halliday qui nous assure, la main sur le coeur, que si il n'était pas chanteur, il prendrait les armes pour combattre Daesh. Un peu comme le grand-père nostalgique qui veut une bonne guerre mais qui sait très bien qu'il ne sera pas mobilisable...
- Tous ses politiciens amnésiques qui nous vendent comme solution miracle la fermeture des frontières. Un peu comme les amis qui oublient que dans les années 70, 80 et 90, l'OLP, Carlos ou le GIA pouvaient frapper à peu près partout où ils voulaient...
- Ces gens qui réclament de grands mouvements de dénonciation de la part de la communauté musulmane. Un peu comme ce voisin qui gueule quand vous faîtes du bruit mais qui sort sa perceuse tous les dimanches à 8h du matin...
En fin de compte, ces attentats ont démontré que la France est bien une grande famille avec ses bonheurs, ses chagrins, ses qualités et surtout ces défauts qui font tout son charme... L'endroit où on se réfugie lorsque que tout va mal... Ce lieu dont on voit toute la beauté que lorsqu'il brûle... Cette terre de partage, de mélange, dont l'éternelle richesse est bien cet art de vivre, de bien vivre et de vivre ensemble... Cet oasis dont la culture, le sport, l'industrie, la richesse, la création et la renommée se sont toujours appuyé sur le mélange, le métissage. Cet endroit magique perpétuellement tourné vers les autres au point de s'en négliger de temps en temps... Ce phare que les naufrageurs tentent d'éteindre afin de créer le chaos...
Alors oui on l'aime cette France des terrasses, des concerts, des musées, des vignobles, de la bonne bouffe. On l'adore même ce minuscule bout de terre perdu sur un caillou qui flotte au milieu de nulle-part où nos mères, nos femmes, nos filles, nos soeurs peuvent se promener en jupe, les cheveux au vent et parler avec le premier inconnu qui passe.
Mais il faut aussi avoir la lucidité que nous ne sommes rien dans l'absolu et surtout rien sans les autres, qu'ils soient individus, pays, continents... Que nous ne vivrons pas sans nos voisins qui habitent aussi cette petite boule bleue qui flotte... Que nous ne grandirons pas sans partager nos valeurs mais aussi notre hospitalité, nos libertés, et notre fraternité...Que, quoi qu'en pensent certains, nous sommes tous égaux devant la vie, ses bonheurs et ses malheurs mais que cette égalité, nous nous devons de la construire main dans la main avec nos semblables, qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs, qu'ils vivent ici et ailleurs, qu'ils viennent ici ou partent ailleurs...

Yannick H

L'actualité de ces derniers jours vient nourrir - et nous ne nous en réjouissons pas - l'argumentaire déployé pour expliquer pourquoi Hénin Beaumont Action s'est créée mais aussi et surtout pourquoi nos propositions faites aux élus de l'opposition sont - plus que jamais pourrions nous ajouter - fondées, pourquoi les réponses que nous avons jusqu'à présent obtenues - tout au plus une écoute courtoise et une réponse remise à un hypothétique lendemain - sont insuffisantes.

Et pourtant - comment ne pas penser aux propos récents de différents philosophes - nous n'aurions aucune difficulté à souligner que le FN peut avoir recours dans ses manières de s’exprimer à une religion (les derniers déclarations de Marion Maréchal Le Pen sont notamment en la matière édifiantes ; nous y reviendrons prochainement) tout comme il recourt à l'idéologie que l'on sait pour promettre une justice "rédemptrice".

Le FN de Marine Le Pen à su se présenter comme une forme absolument moderne de réaction à des conditions de vie caractérisées par le déracinement.

Et pour nous, le reconnaître dans un but préventif, dans une période où l'intégration sociale est en panne, où la modernisation sociale est défaillante, ce n’est naturellement pas délivrer un diplôme d'exemplarité au FN ni même exempter ses dirigeants de leurs propres responsabilités politiques dans ce constat.

Penser que nous serions les uns indépendamment des autres seuls capables, en l'état du contexte local, à mettre un terme au FN à Hénin Beaumont serait d'une prétention ridicule.

Vouloir limiter l'arsenal des outils à mobiliser contre la majorité frontiste à des écrits et des déclarations - aussi légitimes et pertinents puissent ils être - relèverait en outre et pour le moins d'une naïveté extraordinaire.

C'est pourtant à ce piège que Steeve Briois et sa majorité invitent PS, PC et EELV en faisant du CM un lieu de "pugilat" verbal grotesque , en faisant du magazine municipal un support de propagande et de provocation permanente.

C'est pour en sortir que nous avions suggérer à cette même opposition de ne plus y siéger parce que tout bonnement elle ne dispose pas en nombre des armes suffisantes et que ces dernières sont en outre et surtout fort inadaptées pour espérer amener le FN sur le champ du débat dont il n'a de toute façon strictement que faire.

S'il est un espace et un seul sur lequel l'opposition peut espérer livrer pour le moins à armes égales le combat contre le FN, c'est bien celui des différents quartiers d'Hénin Beaumont.

Ce terrain a été abandonné depuis trop longtemps pour empêcher jusqu'à présent Steeve Briois d'y délivrer ses discours.

Chacun doit comprendre aujourd'hui que ce terrain doit être rapidement et pleinement réinvesti, que pour y parvenir il ne serait y avoir d'autre approche qu'une action collective.

Cette approche permettrait enfin d'appréhender un avenir plus serein et constructif, de ne pas avoir le besoin de le conditionner à l'usure du pouvoir de Steeve Briois, de s'en remettre à la seule comptabilité des faux pas de sa majorité (ces faux pas sont déjà nombreux et les dernières sorties de l'adjoint à la culture viennent confirmer que derrière les discours, les pratiques sont bien là), ou pire encore d'espérer la mise à mal d'un des partenaires pour espérer prendre le leadership d'une opposition aujourd'hui encore malmenée.

Une occupation du terrain qui à coup certain conduira enfin Steeve Briois à ne plus avoir le contrôle de sa communication.

HBA est d'ores et déjà arrivée à cantonner le maire d'Hénin Beaumont à la réaction, mais sur quelques coups seulement.
Nous n'en tirons bien évidemment aucune fierté.
Tout bonnement, parce que nous ne savons que trop bien que nous sommes encore bien loin du résultat escompté et de l'objectif recherché : celui de développer des politiques à même de redonner au plus grand nombre espoir et confiance aux beaumontois et héninois.

Refuser l'approche collective, c'est accepter l'idée de laisser tous les quartiers de la ville livrés à des méthodes et une idéologie que nous dénonçons.

À Hénin Beaumont cette idéologie porte un nom et un masque.

Il est grand temps pour y faire face de s’interroger sur les humiliations et les injustices qui font que le FN bénéficie de soutiens importants, et suscite aujourd’hui encore de l'adhésion, malgré tout ce que nous pointons.

Le véritable enjeu est la mise en oeuvre d’une politique de développement social et équitable.

Sachons ne pas l'oublier et donnons nous pour y répondre toute les chances. Il est temps de renverser l'image et les usage d'une opposition multiforme pour en faire une opposition mobilisée et coordonnée par ce seul objectif.

Ainsi donc, le FN s’opposerait au PNR (le fichier européen des passagers aériens). Marine Le Pen rejetterait en outre la "loi de surveillance d’Internet", y compris si elle permettait de fermer d’autorité les sites web ou réseaux sociaux pro-djihadistes, et de pénaliser leurs utilisateurs.

Cette position aura de quoi interpeller les héninois et beaumontois, eux à qui Steeve Briois n'a cessé pendant des années et des année de rabâcher son discours sur la sécurité des biens et des personnes.

Parce qu'à ce jour, force est d'observer que sa promesse de doter la ville d'un équipement de vidéosurveillance est restée lettre morte et qu'à l'exception de la pose homérique d'un gabion, son bilan est en la matière on ne peut plus rapide et facile à établir ...

Depuis mai 2015, le gouvernement autorise les maires à doter leurs policiers municipaux de 357 Magnum : la délivrance d'une autorisation individuelle accordée par le préfet, après une demande motivée du maire et repose sur le respect de différents préalables (formation des agents concernés, natures des missions exercées).
Les attentats de vendredi dernier ont relancé la question du port d'armes par les policiers municipaux. Certains élus n'ont pas manqué de s'en saisir.

Nous n'avons pas en revanche vu Steeve Briois s'exprimer sur ce sujet, lui qui pourtant n'a eu de cesse, autrefois il est vrai, de parler d'explosion de la délinquance et en particulier sur notre commune et ses environs.

Dés lors, nous l'invitons, en sa qualité de maire, à faire part à la population de sa volonté ou non de voir les policiers municipaux être armés. Nous aimerions savoir notamment si selon lui la situation locale peut être de nature à justifier dudit port d'armes.

L'émotion reste vive, à la hauteur du traumatisme et des questions que les français se posent. L'émotion demeure quand bien même la vie semble et se doit de reprendre son cour, comme une réponse, un bras d'honneur aux assassins.

L'émotion de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui ont su très dignement prendre part aux différentes initiatives prises par la ville mais aussi et notamment par Hénin Endurance Team, la Ligue des droits de l'homme, des habitants du quartier Kennedy, ou bien encore par le club de gymnastique.

Le symbole d'une population capable de surpasser le stade de ses convictions pour se recueillir sincèrement et exprimer ainsi tout son soutien aux familles des victimes de ces attentats.

Le symbole de la diversité et de l'initiative citoyenne dans ce qu'elles peuvent produire de plus beaux en matière de solidarité, à mille lieux des petites considérations politiciennes.

Ce sont bien là, et sans aucune forme de démagogie ou d'utopisme béat, un message d'espoir et une ligne d'horizon vers laquelle chacun peut aller.

La politique ne manquera pas ici comme ailleurs de reprendre ses "droits". Je n'ai sur ce point précis aucune illusion sur la poursuite des affrontements stériles qui prévaudront et du jeu duquel, si nous laissions faire, les héninois et beaumontois ne pourraient sortir vainqueurs.

Ceci étant, à celles et ceux qui gardent en mémoire la pesanteur de ce lundi soir, cette atmosphère où l'air se fait rare, coincé entre la peur de récidives terroristes et celle du devenir de notre région, de notre pays s'ils venaient à tomber dans les mains de l'Extrême Droite, cette simple question : le temps n'est-il pas venu d'agir enfin, avec pour seul ligne directrice le bien commun et le sens des priorités ?

Ayons espoir que ces assassins, tout comme les agitateurs des bas fonds n'obtiennent au final rien - voire le contraire - de ce qu'ils étaient venus chercher, la division pour le moins d'un pays en 2 clans bien distincts s'affrontant. Espérons pour qu'au final leurs actes ou leurs déclarations fassent avancer l'opinion française bien plus vite qu'ils ne le redoutent sur ce qui au sein de nos espaces collectifs doit nous conduire à faire corps.

De nombreuses voix se sont faites entendre pour, et à l'instar notamment de M. Moussa Boutaleb , président de la mosquée Ennasr, ne pas faire "le jeu de certains qui souhaiteraient que la République divise la communauté française" parce qu'en effet "elle se trouverait dans l'incapacité structurelle à réagir".

Liberté, égalité, fraternité, devise d'une République laïque.

Oui, la politique va reprendre ses droits et pour ce qui nous concerne nous ne lâcherons rien , et plus encore après ces terribles événements, sur ce combat des valeurs.

Nous n'avons rien oublié des actes d'une majorité qui tente de s'accaparer les idéaux de la République et qui dans le même temps et pour seul exemple s'en va mettre à mal l'un de ses principes : la liberté.

Ce 14 novembre, un jour avant ces terribles attentats, la VDN se faisait l'écho de la privation de subvention municipale pour l'association Anim'acteurs. Et pour l'adjoint concerné de ne donner aucune explication, à quelques jours il est vrai de celles inadmissibles dévoilées pour lui s'en aller justifier l'absence du Secours populaire au prochain marché de Noël.

Et pourtant, Hénin Beaumont n'a jamais eu autant besoin que l'on s'occupe des populations les plus démunies. Hénin Beaumont n'a jamais eu autant besoin d'Education Populaire.

Alors oui, il ne peut y avoir d'autres choix que celui de se réunir, faute de quoi, et il se pourrait que les élections régionales ne le confirment, les peurs ne manqueront pas de resurgir, à la plus grande joie de ceux qui s'évertuent à les exacerber.

Serions nous donc encore et à ce point plus stupides qu'au FN ?

Ainsi bon, la LDH serait donc bien une organisation politique !

Pour preuve, son hostilité au FN - ses adeptes préciseraient sans doute son hostilité à Steeve Briois - et sa sale habitude de proposer aux héninois, en parallèle des RDV initiés par la majorité frontiste un temps de recueillement.

Il va de soi que ceux qui y participent ne peuvent donc être que des gauchos autrement dit dans une version plus moderne, des "socialopes" et que bien évidemment, il ne serait y avoir au sein des rassemblements du maire aucun individu raciste.

L'évidence même ... Et de pouvoir tout de même se demander qui donc aurait intérêt à une polémique totalement déplacée en de pareilles circonstances ?

Non seulement parce des initiatives similaires ont été menées par la LDH dans d'autres communes mais aussi parce que d'autres que la LDH ont tenu également et ce dés samedi dans notre ville, à se retrouver collectivement pour rendre hommage aux victimes de ces attentats.

Pour ce qui nous concerne, nous estimons que chacun doit avoir le droit de se recueillir comme bon lui plait, que le reste ne devrait avoir manifestement aucune importance sauf sans doute chez ceux pour qui la diversité ne peut être admise. Un totalitarisme dont on ne sait pourtant que trop bien - et l'actualité tragique est malheureusement là pour nous le rappeler - à quels actes d'une lâcheté sans nom ils peuvent conduire certains terroristes.

Le traitement dont le Secours populaire vient de faire l'objet est symptomatique de ce que nous dénonçons et de ce qui nous apparaît relever d'une démarche stratégique, c'est à dire volontaire et guidée par un objectif.
Que cette démarche n'est pas en soit nouvelle et qu'elle fut par d'autres autrefois et ailleurs notamment développée n'est pas en soit et pour nous une excuse valable pour ne plus rien en dire.

La relation de la majorité de Steeve Briois aux associations est fondamentalement la même que celle entretenue par les élus frontistes avec son opposition. Cette relation s'inscrit dans un monde binaire : "avec ou contre nous".

Ce type de relation est tout bonnement "mortifère".

Parce que les associations sont bien plus qu'un statut juridique par le biais duquel il est possible de développer des activités.
Les associations, ce sont avant tout des femmes et des hommes qui bénéficient de ces activités.
Qu'à suivre le raisonnement promu par le FN, cela reviendrait pour un(e) président(e) à refuser l'entrée dans l'association à toute personne ne justifiant pas des mêmes opinions politiques que les siennes.

Il est mortifère parce que les difficultés auxquelles sont confrontés nos concitoyens réclame bien plus d'intelligence pour les régler que de se contenter d'un "pour ou contre nous".
Ces mêmes difficultés méritent bien mieux qu'un "vos frites, avec ou sans mayonnaise ?", "votre bonheur, avec ou sans réfugiés", "votre sécurité, avec ou sans gabion ?".

Il est mortifère parce qu'il retire à chacun les droit inaliénables pourtant d'être différent et de pouvoir évoluer dans ses convictions. Ce qui prime ici, c'est la fermeture aux autres, y compris à ceux dont on pouvait jusqu'à présent ne serait ce que partager un moment de convivialité.

Il est mortifère par que tout bonnement il se prive de l'échange oh combien indispensable pour traiter de ces difficultés, ne tient compte en aucune façon de l'environnement dans lequel la décision doit être prise. En hiver comme en été, portez vos bottes, c'est la consigne du chef...

Il est mortifère enfin, parce qu'en imposant chacun à se positionner pour ou contre, il ne peut que susciter l'affrontement permanent, cet affrontement dogmatique qui consiste à attribuer aux autres la pleine responsabilité de son incapacité à se remettre en cause.
Comment dés lors peut on avoir l'ambition ne serait-ce que de parler de progrès ?!

Ligue des Droits de l'Homme, Souvenirs français (signalons au passage qu'il existe bien désormais au sein des sociétés patriotiques un clivage, que ce dernier a été savamment provoqué et que l'objectif de ce clivage est bien la disparition de certaines de ces composantes. Que sont désormais devenues les commémorations si ce n'est qu'un support supplémentaire à l'affrontement politique, bien loin du souvenir de ceux à qui nous devons pourtant tellement ?), Secours populaire et bientôt, selon nos informations, d'autres et non des moindres suivront. Certaines, parmi ces dernières devraient alors n'avoir d'autre choix que de mettre la clef sous la porte pour exprimer leur désaccord de ne pouvoir continuer à développer leur activité bénévole sans que ses dirigeants n'aient à se déclarer à titre personnel si ce n'est "pour", pour le moins, pas "contre" Steeve Briois.

Steeve Briois serait alors bien inspiré de signifier aux héninois et beaumontois les associations et commerces au sein desquels ils auraient tout loisir de pouvoir discuter avec un représentant estampillé voire labellisé FN. A quand aussi le port d'un signe distinctif permettant aux uns et aux autres de se détester ?

Hénin Beaumont Action a fait le choix de l'anonymat de plusieurs de ses membres. Parce que ces derniers, en sus d'être des dirigeants, des bénévoles associatifs, sont aussi des femmes et des hommes qui, en leur nom et en leur nom seul, ambitionnent un autre Hénin Beaumont.
Leur approche est bien évidemment politique, au sens étymologique du mot - c'est à dire des gens qui s'intéressent tout simplement mais on ne peut plus sincèrement à la vie de la cité - mais aucunement politicienne. C'est une approche tout bonnement citoyenne qui s'exprime.

Cette approche, Steeve Briois pourra s'il le souhaite tenter par tous les moyens de la réprimander. Mais cette approche, nous continuerons de la porter pour qu'elle ne puisse s'éteindre avant cette flamme tricolore nationaliste, cette flamme qui à défaut d'éclairer semble chercher manifestement à tout brûler sur son passage.

Pour le FN et "ses" maires issus des dernières Municipales, un objectif clair : faire oublier le bilan catastrophique des premières expériences : Orange, Marignane, Toulon Vitrolles ...

Et pour Steeve Briois s'y atteler, une double opportunité : celle de pouvoir se comparer à Gérard Dalongeville ou bien encore de s'enorgueillir d'être le bon élève de la classe Bleu Marine. À chacun ses ambitions.

Et pourtant, ne vous y trompez pas.

Steeve Briois avait tenté de "vendre" la privation LDH de "son" local comme une exception. Nous n'y avions bien évidemment pas cru. Parce qu'il ne suffit pas de ne pas (pas encore ?) toucher à l'Escapade pour se targuer d'être irréprochable sur ses pratiques culturelles, associatives et financières.

Après la LDH, il y eut le Souvenir Français dont le président nouvellement élu n'avait manifestement pas pour le maire le bon profil (trop socialiste sans doute ?). Place aujourd'hui au Secours Populaire (et nous tairons à ce stade ce que d'autres dirigeants associatifs nous ont d'ores et déjà fait remonter pour ne pas les mettre dans l'embarras).

Steeve Briois qui aime se présenter comme le maire de tous les héninois l'est-il seulement de toutes les associations ?

Le traitement dont le Secours Populaire fait l'objet (la demande de l'association pour participer au marché de Noël a été refusée) suffit pour répondre sans le moindre doute à cette question.

La motivation politicienne est bien réelle et donc hautement critiquable, non par goût de la polémique puérile dans lequel semble se complaire le FN, mais bien parce qu'il nous appartient encore et encore de prévenir et d'alerter sur ce qui se trame progressivement mais sûrement à Hénin Beaumont.

C'est bien l'engagement désintéressé - et parfois depuis de très longues années - de dirigeants bénévoles qui est en jeu et par ricochet sa plus value pour les populations locales.

Les habitants du quartier Kennedy pourraient par exemple vous parler du marché aux puces et des RDV de cet été, et de nombreux parents de la joie de leurs enfants ayant pris part à la chasse aux œufs organisée par le Secours Pop.

Il eut été en effet très facile à Steeve Briois de se présenter comme désireux de se positionner au dessus des petits jeux politiciens qu'il prétend pourtant dénoncer et d'accorder une suite favorable à la demande du Secours Populaire, pour ensuite et seulement ensuite s'en aller accuser le PC de manœuvres grossières.

En agissant différemment, la majorité municipale prive en aucune façon le Parti communiste de recettes financières ou d'une publicité, mais bel et bien les bénéficiaires de ce qu'entreprend le Secours pop. C'est tout bonnement injustifiable pour ne pas dire ridicule.

Il y a aussi dans cette motivation politique de la majorité FN un message très clair que pourront comprendre aisément toutes les autres responsables associatifs.

En argumentant sa décision par la nécessité de moyens financiers municipaux supplémentaires à apporter, la majorité de Steeve Briois oublie non seulement de préciser qu'il existe dans le budget consacré au marché de Noël des dépenses bien plus conséquentes que ces dits moyens, mais aussi, que si les activités associatives ont un coût, celui ci est infime à ce qu'il serait si ces mêmes activités étaient mises en place avec le seul argent des contribuables.

Pas certain que les bénévoles associatifs apprécient l'idée de voir leur activité perçue principalement sous l'angle des dépenses qu'elle occasionne.

Faudra t-il désormais pour les associations prêter allégeance et pour la majorité tirer un profit politico-financier des activités développées par les bénévoles pour ces derniers escompter un soutien municipal ?

À quelques semaines du RDV des régionales, cette posture adoptée à l'égard du Secours pop en dit long du risque encouru si le FN devait l'emporter.

En politisant sa relation aux associations, la majorité FN héninoise n'a plus grand chose à envier à ce que furent autrefois celles d'Orange, Marignane, Toulon, Vitrolles.

À suivre ... malheureusement

Monsieur le Maire,

Qu'il s'en soit trouvé pour vous reprocher le port d'un maillot de bain est un fait que nous n'avons pas approuvé. Force est toutefois de constater que le roi aujourd'hui est encore bien plus dévêtu et pourrait plus vite qu'il ne le pense se retrouver nu face à "ses" électeurs.

Parce qu'à peine 20 mois après votre arrivée en mairie, chacun est en mesure de pouvoir observer que l'argumentaire et les promesses de campagne ne sont manifestement plus que de lointains souvenirs.
Que l'on soit pour ou contre votre discours sur l'immigration, les derniers propos de Florian Philippot - venant selon Libération mettre "un premier coup de canif dans l'engagement de Marine Le Pen de passer de 200 000 à 10 000 entrées légales sur le territoire" - en disent long de cette fâcheuse habitude qu'ont certains à en dire beaucoup pour marquer les esprits et sur leur incapacité à appréhender sérieusement la problématique.
Il y a peu aussi, votre volonté et celles de vos amis de prendre à parti "nos" pauvres pour justifier votre opposition à l'accueil de réfugiés se trouve aujourd'hui dans une impasse.

Votre arrêté anti mendicité "retoqué" vient nous rappeler que s'il est aisé en politique de pointer du doigt pour éloigner les regards des causes réelles des difficultés de nos concitoyens, il est bien plus complexe de faire preuve de réalisme pour traiter en toute humilité ces sujets qui impactent le quotidien de ces derniers.

Que dire aussi de votre disposition à appréhender les installations illicites de Roms. Vous n'avez en la matière su obtenir d'autres résultats que ceux que pourtant vous n'avez jamais manqué de dénigrer. Les riverains du Champs de l'Abbaye, notamment, pourraient vous en parler mieux que moi.

Il n'est nul besoin également de vous accuser d'avoir menti aux commerçants du centre ville. Il suffit de les laisser s'exprimer. Le compte rendu fait par la VDN - que vous chérissez tant il est vrai ... - sur la réunion relative au nouveau plan de circulation et au projet de bus à haut niveau vient sans conteste souligner qu'ils sont désormais plusieurs à pointer le grand écart entre le candidat Briois et son action depuis que vous êtes élu. Qu'en est-il du pourfendeur de la zone commerciale qui à plusieurs reprises s'en est allé pourtant discourir et féliciter, lors d'inaugurations de grandes enseignes, ses dirigeants.

Je pourrai aussi vous conter facilement ce que des emprunts toxiques, - et là aussi malgré vos grandes envolées lyriques d'autrefois - vous avez fait : rien.

Alors oui, vous pouvez continuer de vous vanter à grand coup de communication d'être le maire de tous les héninois, de sourire sur les clichés d'un magazine municipal que de l'avis de nombreux lecteurs vous avez transformé - avec l'argent du contribuable faut il encore le préciser - en outil de propagande. Se lève désormais le vent mauvais porteur de la seule chose qui vous revient : le boomerang de la vacuité de votre politique.

Ces propos, monsieur le maire, ne sont pas ceux d'une opposition revancharde - Hénin Beaumont Action entend bien faire la démonstration de l'erreur de casting que représente le vote FN en explorant d'autres registres - mais celle d'héninois et de beaumontois respectueux de la parole donnée et désireux d'entreprendre au seul bénéfice de l'avenir de leur ville.

Parce qu'au regard des exemples repris dans ce courrier - et il en est d'autres -, ce n'est ni la faute de l'Europe, ni celle du gouvernement ou de je ne sais qui, mais bien votre faute et celle de votre majorité. Votre majorité avec laquelle nous ne pouvons bien évidemment et en sus de l'idéologie qu'elle aime à incarner, partager son sens des priorités.

Je vous prie de croire, monsieur le Maire en mon dévouement le plus total et sincère pour le devenir d'Hénin Beaumont et de ses habitants.

Patrick PIRET